” De rouille & d’os “, un film sombre et prenant, une peinture sociale à la fois brutale, lumineuse et sentimentale. Un film étonnant et brillant de part sa réalisation, par le jeu sobre et émouvant des acteurs - Marion Cotillard y est absolument époustouflante, sublime de simplicité, et on découvre un Matthias Schoenaerts, bluffant dans son rôle de bourrin simple d’esprit, dont on perçoit pourtant à chaque instant avec finesse un fond de sentiments refoulés. Ecorché vif, physique immense, violence latente, insouciance si énorme qu’elle lui coûtera presque tout, le genre de mec qui se fout totalement de ce que pensent les autres et qui prend la vie comme elle vient, sans se soucier du mal ou du bien qu’il laisse derrière lui. Une révélation incontestable.
Jacques Audiard nous retourne les tripes, nous fait aimer ces 2 personnages forts et fragiles à la fois, handicapés, physiquement pour l’un, socialement pour l’autre, avec une réelle profondeur. Il nous livre un film qui vous colle au fauteuil, un film sec, d’une dureté sans nom, brûlant de vérité, où l’on se prend des claques du début à la fin. Econome en effets superflus, des dialogues au scalpel, des acteurs tout simplement justes.
Il réussi ici à mettre du beau dans du laid, de l’élégance dans l’inélégant, de la force dans la faiblesse, de la délicatesse dans la brutalité. Les relations humaines y sont traduites avec justesse et émotion, sans jamais rentrer dans le pathos.
Un film marquant, bouleversant, le tout agrémenté d’une musique pleine de douceur et d’émotion. On n’a pas envie que ça s’arrête. Impossible, en sortant de la salle, de reprendre sa petite vie comme si de rien n’était.